Un an sans Sarkozy

Massena, 10 juillet, 21h00

11 juillet 2009 · Laisser un commentaire

Ils se sont pas trop creusé le ciboulot pour nommer les villages, par ici : Lisbon, Postdam, Canton… Mais ça permet de croiser des panneaux rigolos, genre “Mexico, 12 miles”.

Massena, donc, c’est au bord du Saint-Laurent (Saint Lawrence River, sur cette rive) ; après avoir vu le Mékong, l’Amazone et le Mississippi, je me suis dit que je pouvais terminer par celui-ci. Le village est quelconque, mais il y a de beaux paysages alentour, spécialement agréables par ce beau temps estival (les Canadiens d’en face disent qu’il y a deux saisons par ici : l’hiver et juillet).

À la sortie du village, j’ai trouvé un motel sorti tout droit des années 50. Je suis sûr qu’on va venir m’assassiner sous la douche. En plus, le type de la réception avait un air bizarre.

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Buffalo, 10 juillet, 01h00

10 juillet 2009 · 3 commentaires

J’entends déjà les questions fuser (car la question fuse, tout comme la perdrix brourit) : “que diantre vient-il faire à Buffalo ?”. Mmmh… Bonne question. En tout cas je sais ce que je ne viens pas faire, à savoir visiter les chutes du Niagara, vu que j’y suis déjà allé, et du côté canadien, là où elles sont bien plus spectaculaires. En plus c’est terrible, là-bas : tout le monde à le front fuyant et les oreilles décollées.

Sinon, à Buffalo, y a les fameuses Buffalo wings et un peu d’architecture : quelques buildings un peu excentriques (un qui imite le phare d’Alexandrie, un autre avec deux pyramides style maya sur le toit, chacune surmontée d’une statue de la Liberté – si si), mais aussi deux où trois qui sont vraiment très beaux, notamment l’hôtel de ville et le Prudential Building.

J’écoute : Dvořák, symphonie numéro 7, que j’ai réussi à choper sur la bande FM en traversant les étendues boisées de la Pennsylvanie. Furieusement romantique.

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Pittsburgh, 8 juillet, 23h00

9 juillet 2009 · 3 commentaires

“This is Pittsburgh… and Pittsburgh sucks” annonce C-Jay, le chauffeur du bus, en approchant de la station, après un voyage d’un peu plus de trois heures depuis Cleveland via Akron, la patrie de Chrissie Hynde et des regrettés Devo (créateurs en 1978 de “Sastisfaction”, repris en 1965 par les Stones, selon la merveilleuse théorie de la devolution).

“Pittsburgh craint” : je ne sais pas d’où sort la formule (probablement une obscure référence sportive), mais, en parcourant les rues de downtown, on dirait bien qu’elle est juste. Heureusement, par le plus grand des hasards, j’ai réservé un hôtel vers Carson Street, au sud d’une des deux rivières aux noms impossibles qui se rejoignent ici pour former l’Ohio, et ce quartier-là est tout-à-fait sympathique : bars à concerts, boutiques de disques, etc.

Autre coin agréable : Oakland, un peu à l’est du centre, où je suis allé ce matin visiter deux des musées Carnegie : le Museum of Natural History (très impressionnants squelettes de dinosaures) et le Museum of Art (pas mal de belles choses, comme au musée de Cleveland que j’ai visité hier matin).

Retour downtown en bus pour un tour à l’excellent musée Andy Warhol (natif d’Oakland, justement), qui illustre parfaitement l’inestimable importance de ce type : six étages d’expositions intelligentes et bien réalisées, peintures, installations diverses, films, et une bande son d’enfer (entre autres : “Venus in Furs”, “Psycho Killer”, “Brown Sugar”, et bien sûr le morceau éponyme de Bowie). Vraiment une très bonne surprise.

PS : toujours de nouveaux sommets d’abjection dans le dossier Jackson. Les images de sa fille en pleurs pendant que Tonton Jermaine et Tatie Janet, sous couvert de la réconforter, la positionnent bien devant le micro, tournent en boucle sur CNN. Tout cela est délicieux, mais il serait temps de l’enterrer, non ? Il commence à sentir un peu.

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Cleveland, 6 juillet 21h00

7 juillet 2009 · 4 commentaires

L’arrivée à 4h00 du matin à la cahute qui sert de gare à Cleveland, avec pour toute connaissance de la ville un plan Google Maps imprimé en basse résolution, c’est pas ce que j’ai vécu de plus sympa, mais au moins ça permet de bien explorer. Ville assez plan-plan, avec quelques jolis buildings (dont celui qui, selon le folklore local, a servi de modèle pour l’immeuble du Daily Planet), mais bon, quand on vient de Chicago, on a un peu l’impression que c’est Guéret sous stéroïdes.

Du coup, je suis allé au ciné, voir “The hangover” (je sais pas trop comment c’est traduit en français), inégal mais plutôt marrant. De toute façon c’était ça ou “Tranformers 2″, et j’ai encore besoin de mon cerveau (déjà que la bande annonce de “Gamer” m’en a fondu la moitié…).

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Chicago, 5 juillet, 21h00

7 juillet 2009 · 2 commentaires

Pressentant que l’affaire allait durer au-delà de l’heure limite du check out, j’ai quitté mon hôtel un peu avant midi, à six partout dans le dernier set, pour aller suivre dans le bar du coin la pénible victoire de Roger F. Vu la longueur du match, c’est avec deux pintes de red ale dans le buffet que j’ai fini par partir pour le musée d’art contemporain, un échauffement finalement assez propice pour apprécier une intéressant exposition d’Olafur Eliasson, celui-là même qui a réalisé le renversant Weather Project pour la Tate Modern de Londres.

Ensuite, une petite promenade au sud de la marina, d’où on a la plus belle vue sur la skyline d’autant plus belle qu’il fait un temps magnifique, puis au bord de la rivière Chicago, avant de sauter dans un bus vers la gare d’Union, d’où partaient jadis tous les trains du pays.

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Chicago, 5 juillet, 11h00

5 juillet 2009 · 8 commentaires

J’ai encore vu un ours hier, un blanc, cette fois. Il nageait dans un grand bassin et il dégageait une impression de puissance phénoménale. Mais comme c’était au zoo, je n’ai pas été surpris. C’est un bien gentil zoo, celui de Chicago, assez vieille Amérique, beaux bâtiments de brique (tiens, des vers de mirliton).

On ne connaît pas Chicago si on reste downtown, dit l’office du tourisme. Alors j’ai pris mon pass de transports en commun et j’ai visité les quartiers : Old Town, très tranquille en ce jour de fête nationale ; Belmont, bien plus animé ; Chinatown, pas terrible.

Comme j’arrivais vers Wrigley Field, une foule joyeuse quittait le stade : grosse ambiance dans les rues et les bars du quartiers, et comme c’était impossible de prendre le métro, je suis resté un petit moment, et j’ai même assisté dans un pub à un concert de reggae plutôt bon.

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Chicago, 3 juillet, 24h00

4 juillet 2009 · 2 commentaires

Bien peu ont joué, et aucun n’a trouvé : c’est à Chicago que m’a conduit un Airbus d’US Airways (qui aurait plutôt dû s’appeler SABENA – Such A Bad Experience Never Again). Et là, comme à Iquitos, mais pas pour les mêmes raisons, coup de foudre : je tombe tout de suite sous le charme de la ville.

L’architecture, d’abord, très heureux mélange de gratte-ciel modernes et plus anciens, très cohérents et souvent très beaux. L’homogénéité de l’ensemble résulte pour beaucoup d’une reconstruction rapide et intelligente après le grand incendie de 1871 (provoqué par une vache, paraît-il, toujours se méfier des vaches).

La situation, ensuite, au bord du lac Michigan, avec des plages et une succession de parcs côtiers qui relient la ville à l’eau, contrairement à beaucoup de villes américaines. On voit ça très bien du haut de la tour du John Hancock Center, pas la plus haute de la ville, mais celle qui a la plus belle vue.

Et tout ça est bien vivant, on sent une vraie pulsion urbaine. Il y a du monde sur les trottoirs et dans le vieux métro, des monuments publics superbes (au premier rang desquels le sensationnel “Haricot d’argent“), des musées de grande classe (l’Art Institute, où j’ai passé cinq heures entre hier et aujourd’hui et qui abrite des collections simplement hallucinantes), et tout ce qui rend les villes excitantes.

Ce soir, The Loop, le périmètre du centre ville délimité par une boucle du métro aérien, est presque fermé à la circulation et envahi d’une foule cosmopolite venue des banlieues voir le feu d’artifice au bord du lac. J’essaie de trouver un point d’observation plus calme sur Navy Pier, une jetée d’un bon kilomètre aménagée en attraction touristique, mais apparemment je ne suis pas le seul à avoir eu cette bonne idée.

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Philadelphie, 1er juillet, 24h00

2 juillet 2009 · 7 commentaires

J’ai marché pas mal de kilomètres aujourd’hui, ce qui n’est pas plus mal vu que j’ai pris 17 tonnes depuis que je suis arrivé aux USA. Par exemple, je suis allé au Museum of Art, situé au bout d’une longue avenue censément inspirée des Champs-Élysées (c’est raté). Le bâtiment lui-même est un gros truc néo-antique assez laid, mais le contenu vaut le déplacement.

La peinture française du dix-huitième est magnifiquement représentée, et les salles d’art moderne et contemporain ne sont pas vilaines non plus, mais quand on attaque les sections “Moyen Âge” et “Asie”, c’est le délire : des portails et des colonnes d’église, un vitrail gothique et même un cloître roman complet sont “exposés”, de même qu’un temple indien prélevé à Madurai, un portique perse, le hall de réception d’un palais Ming, un temple bouddhiste japonais entier avec son jardin et sa maison de thé, etc. On pourrait se dire que tout cela serait mieux sur les emplacements d’origine, mais on a fait bien pire en Égypte et en Grèce pour garnir le Louvre et le British Museum.

La section sur la peinture classique est aménagée dans le même esprit, et les tableaux sont présentés dans des pièces provenant d’anciennes demeures : château français, palais vénitien, couvent, manoir anglais, hôtel particulier parisien, maison hollandaise, etc. Du coup, même si les toiles elles-mêmes sont loin de ce que j’ai pu voir à Washington, la visite est très agréable.

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Philadelphie, 30 juin, 24h00

1 juillet 2009 · 3 commentaires

Je commence ma journée d’hier par une promenade dans Georgetown, un quartier chic de Washington qui ressemble plutôt à une petite ville tranquille de province. Je pousse ensuite jusqu’en Virgine pour prendre le métro (ça revient en fait à traverser le Potomac) pour retourner vers le Mall où, suivant les conseils de mes lecteurs, je visite les galleries Freer et Sackle, où l’on trouve effectivement de jolies choses, en particulier une superbe exposition de cadeaux diplomatiques offerts par l’Iran et l’Empire ottoman aux tzars de Russie.

Un petit tour dans le centre pour manger une salade, et c’est l’heure d’aller prendre mon train pour Philadelphie où j’arrive deux heures plus tard. Le paysage urbain est très différent ici : grands buildings ou maisons en briques qui évoquent New York, belles peintures murales, rues moins larges, plus animées, mais aussi de charmantes ruelles tranquilles qui ne dépareraient pas dans une ville hollandaise.

J’explore plus en détail aujourd’hui : Old Town où se concentre l’essentiel des sites touristiques, Chinatown bien plus convaincante qu’à Washington, South Street, la rue commerçante et branchée, et les rives du Delaware, dont la ville est malheureusement presque coupée par une autoroute monstrueuse. Parmi les monuments du quartier historique, Independance Hall : c’est là que furent adoptés les documents fondateurs du pays, la déclaration d’indépendance et la constitution. C’est assez émouvant de visiter l’endroit, assez modeste en fait, où naquit il y a moins de 250 ans ce qui est maintenant la première puissance mondiale.

À quelques pas de là est exposée la cloche de la liberté, maintenant toute cassée, un symbole patriotique comme seuls les Américains savent en fabriquer, qui s’inscrit parfaitement dans la communication touristique de Philadelphie axée à juste titre sur l’indépendance et la liberté : la ville fut fondée en tant que colonie expérimentale où régnait la liberté de culte, et il subsiste de nos jours une certaine ambiance non-conformiste.

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Washington, 28 juin, 23h00

29 juin 2009 · 4 commentaires

Les musées de Washington appartiennent pour la plupart à la Smithsonian Institution qui vise à la diffusion du savoir ; du coup ils sont gratuits. J’entends d’ici les grommellements : “ce qui ne coûte rien ne vaut pas grand chose”. Grave erreur : ils sont aussi d’une richesse incroyable, comme j’ai pu le constater en passant l’essentiel de ma journée à la National Gallery of Art, à laquelle je ne pensais consacrer que deux heures.

Tout le monde est là, des primitifs italiens à nos jours. Des Titien, des Rembrandt, des Fragonard, et la plus grande collection hors d’Espagne d’un de mes peintres favoris, El Greco. Quant aux impressionnistes, c’est du délire : une (grande) salle entière de Monet, une autre de Cézanne, entre les deux une salle remplie de Gauguin et de Van Gogh, des Manet comme s’il en pleuvait, etc. L’art moderne et contemporain est également bien fourni : Picasso, Braque, Matisse, Dubuffet, et bien sûr quelques américains : Pollock, Warhol, Lichtenstein, Calder et autres. Bref, un des plus riches musées du monde, clairement. Et en plus, le public est nombreux, contrairement à ce que j’ai pu voir jusqu’ici aux USA.

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