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J’ai loué un Vélib ce matin pour aller gare de Lyon, d’où j’étais parti, il y a comme un siècle, avec mon sac à dos déjà trop lourd. Maintenant je suis sûr d’avoir vraiment bouclé le tour.
Pour la première fois, j’habite à l’hôtel dans ma propre ville, et je ne sais pas où j’irai ensuite. Je repars quasiment de zéro, avec une nouvelle vie à construire, une expérience sans doute bien plus difficile que ce voyage maintenant terminé, mais qui n’intéresse que moi.
Ma seule conclusion tiendra en un message à vous tous : faites-le aussi, si vous pouvez, et si vous ne pouvez pas faites-le quand même. Vous ne le regretterez jamais. Pour ma part, je sais maintenant que quand je poserai vraiment les valises, c’est qu’il sera temps de me piquer.
Merci à tout ceux qui ont lu, encore plus à ceux qui ont écrit, et spécial merci à Julien pour l’itinéraire.
Godspeed.
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J’ai dit au-revoir à New York sur les bateaux-mouches locaux, qui vous emmènent sur l’Hudson et l’East River via la statue de la Liberté (je l’avais oubliée, celle-là, et pourtant elle est vraiment imposante), en offrant de belles vues sur Manhattan, Brooklyn et la côte du Queens. Il fait une chaleur à crever, et c’est aussi bien d’être sur un bateau ; par contre, dès qu’on accoste, c’est la fournaise.
Je pars récupérer mes bagages avant de prendre le train pour l’aéroport, sans oublier, avant de m’enfoncer dans les sous-sols de Penn Station, de jurer aux immeubles de la septième avenue que je reviendrai.
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Gros morceau aujourd’hui : le Met et ses quelques deux millions d’œuvres. Le musée est situé dans un grand bâtiment sur le bord est de Central Park, et j’y suis peu après l’ouverture. J’attendais du lourd, je suis servi : les collections sont exceptionnelles. Les écoles hollandaise et française sont particulièrement bien représentées : Rembrandt, Hals, Vermeer, Rubens, Van Dyck, Fragonard, Boucher, Chardin, Ingres, Gérôme… Les salles d’art moderne et contemporain ne sont pas vilaines non plus, ni l’intéressante rétrospective Francis Bacon, mais le plus impressionnant reste la section consacrée à la peinture française du XIXème et aux impressionnistes : au vingtième Courbet, au trentième Monet, on finit presque par frôler l’indigestion.
D’ailleurs, au bout de cinq heures, je n’ai encore vu la moitié du musée mais je ne tiens plus debout : repli vers un pub irlandais sur Lexington Avenue pour un repos bien mérité. Il faudra que je revienne à New York pour voir la suite, mais je n’avais pas besoin de cette raison supplémentaire. Je ne fais pas grand chose de ce qui reste de la journée, que je termine sur Times Square, toujours un spectacle fascinant une fois la nuit tombée : ici, même l’enseigne du métro est faite d’ampoules clignotantes.
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J’ai pas mal traversé l’East River hier, pour aller visiter différents quartiers de Brooklyn, certains plutôt chics comme Brooklyn Heights ou Dumbo (c’est un acronyme), d’où on a des vues superbes sur Manhattan, et d’autres moins comme Williamsburg. J’ai fait une des traversées à pied, en prenant le magnifique pont de Brooklyn qui aboutit vers l’hôtel de ville dans Lower Manhattan.
Dans l’après-midi, il s’est mis à pleuvoir, et je me suis réfugié au New Museum of Contemporary Art, qui est une escroquerie pure et simple : 12 $ pour trois photos ratées et deux dessins moches. Du coup, je suis reparti illico vers Tribeca pour trouver un bistrot.
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Ces derniers jours passent à une vitesse effarante ; c’est vrai que tout va très vite à New York. J’ai débuté la journée aux alentours d’Union Square, avant de me diriger vers le musée d’histoire naturelle. Grave erreur : tous les camps de vacances du pays ont choisi la même date, et l’endroit est envahi par des armées de nains en furie qui braillent à pleins poumons. L’assaut lilliputien sur la billetterie est dévastateur : deux des quatre caissiers décident inopinément que c’est l’heure de leur pause et battent en retraite, laissant leurs infortunés collègues éditer les dizaines de tickets nécessaires, un processus qui implique apparemment découpage, agrafage et bourrage d’imprimante (le concept de billet de groupe semble inconnu), le tout au milieu des piaillements des jeunes gredins impatients de voir les dinosaures ou je ne sais quoi.
Je finis par entrer au bout d’une grosse demi-heure d’attente, déjà très diminué nerveusement, et je ne résiste pas plus d’un quart d’heure aux hurlements et aux cavalcades : je sors retrouver le soleil et l’animation plus supportable de l’Upper West Side, un quartier plutôt agréable. Je pars ensuite plus au nord : Harlem et Spanish Harlem, le beau campus de Columbia University et la cathédrale de Saint John the Divine, la plus grande du monde (Saint-Pierre et sa copie ivoirienne sont plus grandes, mais ne sont pas des cathédrales).
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J’ai pas mal exploré Manhattan ces deux derniers jours. Lundi matin : West Village, au sud de Chelsea, et le Meatpacking district, l’ancien quartier des abattoirs autrefois mal famé mais maintenant très tendance. Ensuite, un coup de métro vers le MoMA (trop de monde), puis balade dans Midtown East : la 42ème rue, la belle gare de Grand Central Station, Madison Avenue et Park Avenue, etc. Je finis, la nuit tombée, par le sommet de l’Empire State Building d’où la vue est somptueuse, même s’il faut souffrir pour y arriver : file d’attente pour passer les portiques de sécurité, puis pour acheter le billet, puis pour se faire tirer le portrait-souvenir, puis pour prendre un premier ascenseur, puis pour prendre le second. Évidemment, il faut aussi faire la queue pour redescendre.
Ce matin, je retrouve la pluie que je n’avais pas vue depuis un bon moment pour la visite de Lower Manhattan, la pointe sud de l’île (Wall Street, Trinity Church, Ground Zero – en travaux), puis des quartiers est : Lower East Side (largement grignoté par Chinatown) et East Village, qui rappelle pas mal le nord-est parisien avant la colonisation bobo.
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Le métro de New York, c’est un foutoir invraisemblable, un vrai rêve de shadok : les couloirs sont labyrinthiques, la signalétique absurde, les lignes sont repérées par des couleurs, les trains par des lettres ou des chiffres, parfois dans cerclés pour les express – dont on ne sait où ils s’arrêtent qu’une fois dedans -, et de toute façon c’est inutile d’essayer d’y comprendre quelque chose puisque des annonces de service signalent des changements incessants, elles-mêmes contredites par le chauffeur de train qui s’égosille dans son micro mais dont la voix se perd dans les grésillements et les larsens. Et le weekend, c’est le pompon : des lignes disparaissent, des trains fusionnent ou changent de plate-forme, le tout annoncé par des petites affichettes qu’on ne peut voir qu’une fois arrivé sur les quais.
J’ai fini par prendre un train au hasard vers le sud, et j’en suis descendu au pif pour me retrouver vers SoHo, un quartier fort agréable, autrefois bohème mais maintenant très embourgeoisé, tout comme son voisin Nolita (North of Little Italy), encore plus chic : ici, les cafés sont déguisés en bistrots parisiens, et il ne fait pas bon lâcher Madame avec l’Amex black dans les boutiques de mode.
Un peu plus au sud, Little Italy n’est plus qu’une attraction touristique, mais Chinatown reste bien authentique, avec les joueurs de Xiang Qi dans Columbus Park, les petits marchés et les temples bouddhistes.
Le temps d’avaler un Bo Bun et je reprends le métro pour aller au Musée Guggenheim voir une exposition consacré au génial architecte Frank Lloyd Wright. Je termine la journée vers les bords de l’Hudson River à Chelsea, où The High Line, une espèce de promenade plantée en projet depuis des années, vient enfin d’ouvrir.
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Mon premier contact avec New York n’a pas vraiment été le choc attendu. D’abord j’ai raté l’approche : sachant qu’on arrivait par l’ouest, je me tords le cou à essayer d’apercevoir la skyline de Manhattan à l’avant du train, avant de m’apercevoir fortuitement que c’est à droite que ça se passe. Le temps que je tourne la tête, on est déjà entré dans le long tunnel qui mène à Penn Station. La gare elle-même est plutôt calme, et quand je sors sur la septième avenue, à part deux taxis qui klaxonnent gentiment et un flic qui siffle sans conviction, ce n’est pas vraiment le maelstrom que j’imaginais.
En fait, ma rencontre avec la ville se déroulera par étapes. D’abord dans les rues de Little Korea et vers Broadway, expérimentalement piétonnière, où je réalise à quel point cette ville est intrinsèquement cosmopolite : on entend toutes les langues ici, et on voit toutes les couleurs de peau. Ensuite sur le “Top of the Rock”, au sommet du Rockefeller Center (ascenseurs über-cools au toit transparent), d’où on a un panorama époustouflant sur Manhattan et au-delà. Enfin, en remontant parmi une foule compacte la cinquième avenue vers Central Park : finalement c’est clair, je suis au centre de l’univers connu, et je m’y sens plutôt bien.
PS : en passant vers le Radio City Music Hall, où doit se dérouler ce soir le concert pour Mandela, je vois que Carla B. n’est même pas annoncée individuellement (elle doit être dans le “… and others”). Qu’on déclare la guerre à ces ruffians !
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Après un tour dans les quartiers nord (le cimetière de Copp’s Hill, Old North Church avec ses curieux petits boxes de bois, le quartier italien autour de Hanover Street), je pars pour le Museum of Fine Arts où on trouve des choses très variées : des impressionnistes, bien sûr (dont une collection insensée de Monet), mais aussi, entre beaucoup d’autres, de la peinture américaine (pas mal de Sargeant), de l’argenterie anglaise, des meubles chinois anciens et même des momies égyptiennes.
Retour vers le centre via The Fens et Back Bay, un parc et un quartier tous deux gagnés sur les marais et la rivière dans la seconde moitié du XIXème siècle.
Dernière visite de la journée (c’est inclus dans mon pass touristique et à deux pas de mon hôtel) : l’aquarium, où l’on est accueilli par une colonie de pingouins qui ont l’air malheureux comme les pierres, avant de monter en spirale autour d’un bassin qui, comparé à ce qu’on trouve à Atlanta, n’est pas bien plus qu’un bocal. Globalement, l’endroit est assez pénible, et envahi de l’habituelle kyrielle de morpions qu’on a envie de jeter aux requins : j’y reste moins d’une demi-heure avant de rentrer pour tester le spa et la piscine de l’Intercontinental.
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Début de journée difficile : englué dans les embouteillages sur l’Interstate 93 puis, après un choix hasardeux de bretelle de sortie (Google Maps un peu faible sur ce coup), coincé sur une autre autoroute pendant des miles sans pouvoir sortir. Je finis par m’en tirer en violant une bonne douzaine de fois le code de la route, pour me retrouver miraculeusement au point exact où je voulais aller, devant mon hôtel.
Comme je suis descendu de nombreuses fois dans des petits Holiday Inns Express ces dernières semaines, j’ai gagné deux nuits gratuites à l’Intercontinental. En plus, je tombe à la réception sur une charmante vietnamienne francophone qui me surclasse pour cinquante dollars dans une des plus belles chambres de l’hôtel, avec une splendide vue sur le canal. Mon vieux sac à dos fait un peu tâche dans tout ce luxe.
Je pars ensuite à la découverte de la ville au hasard, n’ayant même pas un plan, et j’aboutis un peu par hasard, après m’être un peu égaré dans le charmant quartier de South End, au sommet de The Pru, le plus haut building de la ville, et finalement un bon endroit pour se repérer.
Je continue par une balade sur Beacon Hill, l’endroit où la ville est née et maintenant son quartier le plus chic, puis je prends le métro (une antiquité) pour le campus d’Harvard, où je squatte une intéressante visite guidée qui démarre quand j’arrive, avant d’aller faire un tour au musée d’histoire naturelle, tout droit sorti du XIXème siècle.
En soirée, je repars au hasard des rues pour tomber sur le quartier touristique de Quincy Market. Ça s’arsouille sérieusement aux nombreuses terrasses, et je fais moi-même une étape dans un pub irlandais avant de rentrer en longeant la rivière.
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