Un an sans Sarkozy

Newport, 15 juillet, 16h00

16 juillet 2009 · 3 commentaires

Comme la ville voisine de Providence, où j’ai fait étape hier, Newport est située dans le plus petit des États unis : Rhode Island, qui est d’ailleurs pour l’essentiel continental. C’est évidemment la Mecque du nautisme que tout le monde connaît, qui a longtemps abrité la coupe de l’America, mais ce fut aussi, partir du milieu du XIXème siècle, la destination la plus chic de la Nouvelle-Angleterre.

Du coup, il y a un peu partout des baraques richissimes, des petits châteaux, des demeures grandioses dans des parcs immenses. Le Cliff Walk, un sentier qui suit sur trois miles le rivage côté Atlantique, permet d’apercevoir quelques unes de ces maisons de zilliardaires, que l’on voit aussi en parcourant Bellevue Avenue : Renaissance, manoir anglais, pseudo-gothique, néo-moche et rétro-vilain, on trouve ce qu’on veut. Tout n’est pas toujours du goût le plus sûr, mais avec un joli parc et par ce temps magnifique, ça passe quand même.

PS : mon année sans Sarkozy se termine, mais on dirait bien qu’en rentrant je vais en prendre pour quinze ans avec. Entre Aubry qui réprimande Valls par lettre dans le Parisien (!) et Royal qui tente de censurer les rappeurs qui écrivent des conneries (y a du boulot), le règne de Napoléon le minuscule est sur les rails pour un bail.

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Portland, 13 juillet, 23h00

14 juillet 2009 · 3 commentaires

Pour commencer la journée, une petite marche sur Beech Mountain, en plein milieu du parc national d’Acadie. “Mountain” est certes un peu abusif pour cette motte de terre qui culmine à 256 mètres, mais du sommet on a vraiment des panoramas superbes sur 360 degrés.

Départ ensuite vers Portland : je retrouve la route 1, qui longe la côte en traversant quelques stations balnéaires plutôt huppées. L’autoradio est réglé sur “doubleyoubach“, le temps est splendide et les paysages vont avec.

Je quitte momentanément la route 1 pour un détour vers Pemaquid Point, un promontoire rocheux équippé d’un des nombreux phares de la région. La route qui y mène est délicieuse : sinueuse, vallonnée, zébrée par l’ombre des arbres qui la bordent, traversant des petits villages charmants avec leurs grandes maisons de bois blanches. Mozart est à la bande-son, avec la symphonie “Prague”, en accord parfait avec la lumière éclatante de l’après-midi.

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Bar Harbor, 12 juillet, 23h00

13 juillet 2009 · 5 commentaires

La côte du Maine, c’est une vraie dentelle, ça rappelle presque les Marlborough Sounds en Nouvelle-Zélande. Sur la plus grande des îles qui bordent la côte se trouve le port de Bar Harbor et l’Acadia National Park (c’est probablement une acception étendue de l’Acadie, mais je n’ai jamais bien compris ce que ce terme recouvre exactement).

Le parc offre des paysages splendides, dont le caractère dramatique est renforcé par une sorte de brume qui s’élève perpétuellement de l’océan. Il y a aussi quelques belles balades à faire dans l’intérieur de l’île.

Mais un autre avantage de Bar Harbor, et de la côte du Maine en général, c’est la spécialité locale : le homard. Je m’en suis tapé un de belles proportions ce soir, vraiment délicieux, en en foutant partout comme il se doit.

PS : je viens de m’apercevoir fortuitement que les Américains n’ont pas la même définition de la tonne que nous ; ces gens sont fous.

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Bethel, 11 juillet, 23h00

13 juillet 2009 · 2 commentaires

La route 2 parcourt les États-Unis grossièrement d’est en ouest, comme toutes les routes de numéro pair, mais elle est divisée en deux morceaux séparés par la région des Grands Lacs. J’ai suivi aujourd’hui une bonne partie du segment est, à partir du petit village frontalier de Rouses Point.

La route descend d’abord le long des belles îles du lac Champlain, dont les eaux moutonnent un peu sous un vent assez fort, avant d’arriver à la petite station de Burlington qui célèbre justement le quadricentenaire du lac.

Ensuite, on traverse les Appalaches, qui forment dans le Vermont puis le New Hampshire des collines qui rappellent les Vosges, et on entre dans l’état du Maine. C’est là, dans le petit village de Bethel, que je fais étape dans un motel absolument charmant. Il y a même pas bien loin un pub bien animé : tout le village est probablement là.

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Massena, 10 juillet, 21h00

11 juillet 2009 · 3 commentaires

Ils se sont pas trop creusé le ciboulot pour nommer les villages, par ici : Lisbon, Postdam, Canton… Mais ça permet de croiser des panneaux rigolos, genre “Mexico, 12 miles”.

Massena, donc, c’est au bord du Saint-Laurent (Saint Lawrence River, sur cette rive) ; après avoir vu le Mékong, l’Amazone et le Mississippi, je me suis dit que je pouvais terminer par celui-ci. Le village est quelconque, mais il y a de beaux paysages alentour, spécialement agréables par ce beau temps estival (les Canadiens d’en face disent qu’il y a deux saisons par ici : l’hiver et juillet).

À la sortie du village, j’ai trouvé un motel sorti tout droit des années 50. Je suis sûr qu’on va venir m’assassiner sous la douche. En plus, le type de la réception avait un air bizarre.

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Buffalo, 10 juillet, 01h00

10 juillet 2009 · 3 commentaires

J’entends déjà les questions fuser (car la question fuse, tout comme la perdrix brourit) : “que diantre vient-il faire à Buffalo ?”. Mmmh… Bonne question. En tout cas je sais ce que je ne viens pas faire, à savoir visiter les chutes du Niagara, vu que j’y suis déjà allé, et du côté canadien, là où elles sont bien plus spectaculaires. En plus c’est terrible, là-bas : tout le monde à le front fuyant et les oreilles décollées.

Sinon, à Buffalo, y a les fameuses Buffalo wings et un peu d’architecture : quelques buildings un peu excentriques (un qui imite le phare d’Alexandrie, un autre avec deux pyramides style maya sur le toit, chacune surmontée d’une statue de la Liberté – si si), mais aussi deux où trois qui sont vraiment très beaux, notamment l’hôtel de ville et le Prudential Building.

J’écoute : Dvořák, symphonie numéro 7, que j’ai réussi à choper sur la bande FM en traversant les étendues boisées de la Pennsylvanie. Furieusement romantique.

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Pittsburgh, 8 juillet, 23h00

9 juillet 2009 · 3 commentaires

“This is Pittsburgh… and Pittsburgh sucks” annonce C-Jay, le chauffeur du bus, en approchant de la station, après un voyage d’un peu plus de trois heures depuis Cleveland via Akron, la patrie de Chrissie Hynde et des regrettés Devo (créateurs en 1978 de “Sastisfaction”, repris en 1965 par les Stones, selon la merveilleuse théorie de la devolution).

“Pittsburgh craint” : je ne sais pas d’où sort la formule (probablement une obscure référence sportive), mais, en parcourant les rues de downtown, on dirait bien qu’elle est juste. Heureusement, par le plus grand des hasards, j’ai réservé un hôtel vers Carson Street, au sud d’une des deux rivières aux noms impossibles qui se rejoignent ici pour former l’Ohio, et ce quartier-là est tout-à-fait sympathique : bars à concerts, boutiques de disques, etc.

Autre coin agréable : Oakland, un peu à l’est du centre, où je suis allé ce matin visiter deux des musées Carnegie : le Museum of Natural History (très impressionnants squelettes de dinosaures) et le Museum of Art (pas mal de belles choses, comme au musée de Cleveland que j’ai visité hier matin).

Retour downtown en bus pour un tour à l’excellent musée Andy Warhol (natif d’Oakland, justement), qui illustre parfaitement l’inestimable importance de ce type : six étages d’expositions intelligentes et bien réalisées, peintures, installations diverses, films, et une bande son d’enfer (entre autres : “Venus in Furs”, “Psycho Killer”, “Brown Sugar”, et bien sûr le morceau éponyme de Bowie). Vraiment une très bonne surprise.

PS : toujours de nouveaux sommets d’abjection dans le dossier Jackson. Les images de sa fille en pleurs pendant que Tonton Jermaine et Tatie Janet, sous couvert de la réconforter, la positionnent bien devant le micro, tournent en boucle sur CNN. Tout cela est délicieux, mais il serait temps de l’enterrer, non ? Il commence à sentir un peu.

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Cleveland, 6 juillet 21h00

7 juillet 2009 · 4 commentaires

L’arrivée à 4h00 du matin à la cahute qui sert de gare à Cleveland, avec pour toute connaissance de la ville un plan Google Maps imprimé en basse résolution, c’est pas ce que j’ai vécu de plus sympa, mais au moins ça permet de bien explorer. Ville assez plan-plan, avec quelques jolis buildings (dont celui qui, selon le folklore local, a servi de modèle pour l’immeuble du Daily Planet), mais bon, quand on vient de Chicago, on a un peu l’impression que c’est Guéret sous stéroïdes.

Du coup, je suis allé au ciné, voir “The hangover” (je sais pas trop comment c’est traduit en français), inégal mais plutôt marrant. De toute façon c’était ça ou “Tranformers 2″, et j’ai encore besoin de mon cerveau (déjà que la bande annonce de “Gamer” m’en a fondu la moitié…).

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Chicago, 5 juillet, 21h00

7 juillet 2009 · 2 commentaires

Pressentant que l’affaire allait durer au-delà de l’heure limite du check out, j’ai quitté mon hôtel un peu avant midi, à six partout dans le dernier set, pour aller suivre dans le bar du coin la pénible victoire de Roger F. Vu la longueur du match, c’est avec deux pintes de red ale dans le buffet que j’ai fini par partir pour le musée d’art contemporain, un échauffement finalement assez propice pour apprécier une intéressant exposition d’Olafur Eliasson, celui-là même qui a réalisé le renversant Weather Project pour la Tate Modern de Londres.

Ensuite, une petite promenade au sud de la marina, d’où on a la plus belle vue sur la skyline d’autant plus belle qu’il fait un temps magnifique, puis au bord de la rivière Chicago, avant de sauter dans un bus vers la gare d’Union, d’où partaient jadis tous les trains du pays.

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Chicago, 5 juillet, 11h00

5 juillet 2009 · 8 commentaires

J’ai encore vu un ours hier, un blanc, cette fois. Il nageait dans un grand bassin et il dégageait une impression de puissance phénoménale. Mais comme c’était au zoo, je n’ai pas été surpris. C’est un bien gentil zoo, celui de Chicago, assez vieille Amérique, beaux bâtiments de brique (tiens, des vers de mirliton).

On ne connaît pas Chicago si on reste downtown, dit l’office du tourisme. Alors j’ai pris mon pass de transports en commun et j’ai visité les quartiers : Old Town, très tranquille en ce jour de fête nationale ; Belmont, bien plus animé ; Chinatown, pas terrible.

Comme j’arrivais vers Wrigley Field, une foule joyeuse quittait le stade : grosse ambiance dans les rues et les bars du quartiers, et comme c’était impossible de prendre le métro, je suis resté un petit moment, et j’ai même assisté dans un pub à un concert de reggae plutôt bon.

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