Tahiti, 24 janvier, 22h00

J’ai profité de la navette de l’hôtel ce matin pour aller passer la journée à Papeete. Plutôt une déception, dans l’ensemble : la ville n’est pas très animée (il faut dire qu’il était tôt, ça s’est amélioré en cours de journée) et il n’y a vraiment pas grand chose à voir. En plus les gens ont l’air triste, il y a comme une ambiance de renoncement, et plein de petits détails sentent la magouille politique et le fonctionnaire fumiste.

L’aménagement urbain est à peu près au standard indien, et l’office du tourisme n’est visiblement qu’une piètre excuse pour ouvrir une ligne budgétaire, avec des hôtesses recrutées sur des critères qui n’incluent ni la connaissance de la région, ni la capacité à articuler une pensée cohérente ou à localiser un lieu sur une carte. Des chemins de randonnée dans la montagne ? Ah ben non, il faut prendre un guide (ce qu’une simple recherche sur Google suffit à démentir). Un supermarché ? Ah ben non, il y a bien un Carrefour, mais il est très loin (je tombe sur un Champion à 200 mètres). Un bus pour rentrer à l’hôtel ? Ah ben non, il faut prendre un taxi (je trouverai un peu par hasard dans la soirée un bus qui me laissera exactement à l’entrée de l’hôtel).

Globalement, le touriste semble prié de rester dans son hôtel de luxe à s’imbiber de daïquiri et d’acheter de temps en temps une excursion packagée et hors de prix. Je ne sais pas s’ils vont s’en tirer encore très longtemps avec cette conception du tourisme.

Face à cette situation, j’ai décidé de prendre les mesures qui s’imposaient : achat d’un recueil de mots croisés et d’un flacon de crème solaire (le précédent m’ayant été ignominieusement confisqué par un agent de sécurité de l’aéroport d’Auckland (*)), et recentrage sur l’hôtel pour me poser alternativement au bord de la piscine ou devant Eurosport. En plus, ils ont tout un tas d’ateliers trop sympa : tissage tahitien, sculpture sur bois, les cent façons d’attacher son paréo (important, ça), etc. Réveillez-moi quand mon avion sera annoncé.

(*) Est-ce qu’il n’est pas temps d’engager un mouvement mondial de protestation contre ces règles ineptes édictées après que l’autre abruti se soit fait sauter les baskets ? À Auckland, ils ont poussé le cynisme jusqu’à installer à la sortie du screening un stand qui vend des crèmes solaires, des sprays déodorants et autres.

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8 réponses à “Tahiti, 24 janvier, 22h00

  1. Y’a pas de sudoku ?

  2. Je soutiens le mouvement de Franck, et je propose de créer le FULCCS (front uni pour la libération de circulation des crêmes solaires) !
    Et toc ! Je suppose que ta nouvelle crême est à l’aloé vera… 🙂

  3. Le temps, l’ambiance, on apprécie de + en + l’évasion sur ton blog … et on t’envie de + en +!
    @Alain : à Tahiti la crème solaire est à l’huile d’Olive importée de notre Provence

  4. Si tu te lasses, je soupçonne un chouette atelier de sculpture sur pierre à l’île de Pâques.

  5. Effectivement, sans vahinés ni collier de fleurs et en plus poursuivi par des types en tee-shirt « jeux sans frontières », fuit cette île paradisiaque => Run, you fool ! comme disait l’autre en nouvelle-zélande.

  6. Salut Franck,
    Pour la randonnée, il y a à peu près autant de sentiers que de vallées, il suffit en gros de remonter la première rivière venue pour trouver des pistes plus ou moins praticables à travers la jungle. En plus du paysage, comme tout pousse partout, tu peux trouver ça et là des avocats gros comme des noix de cocos, des mangues, des bananes, et plus haut des gayaves et des petites orchidées sauvages. Tahiti est une belle île (*) si l’on sort des sentiers battus et si on s’éloigne des habitations (et surtout de Papeete dont tu décris si bien l’ambiance que je m’y revois). Dommage que la bière (comme tout d’ailleurs) y soit vendue à prix d’or…

    (*) mais les plages sont aussi loin de la carte postale que le sont les vahinés de 130 kg : pour la baignade en mer, il vaut mieux prendre le ferry pour Moorea…

  7. « des hôtesses recrutées sur des critères qui n’incluent ni la connaissance de la région, ni la capacité à articuler une pensée cohérente ou à localiser un lieu sur une carte » et le reste du paragraphe : je continue à me bidonner, merci Tonton !

    Je ne sais pas si je vais te demander une carte postale ‘coucher de soleil’, ton budget risquerait d’en sortir presque aussi mal en point que celui de notre bon vieux pays.

    Par contre, toi, tu devrais exiger de recevoir la carte de voeux électronique du CNIA, et spécialement la version : ‘Cotis, au pied !’.

  8. Tahiti, ça peut pas être ce que Papeete (on prononce « Papété » ? ce qui a déjà un côté donneur de leçon peu engageant, je te l’accorde) te laisse comme première impression. Ce qu’en dit Igor ouvre quand même d’autres perspectives et nous promet quelques photos sympas. Persévère ! Avant de t’envoler pour les Marquises ?

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