Pékin, 30 octobre 2010

Après une matinée à la superbe lamaserie de Yonghegong, départ en métro vers le Palais d’Été. Là aussi, le tourisme de masse a frappé : les pédalos sillonnent le lac Kunming, le pavillon sur l’eau est transformé en baraque à hot-dogs, et la galerie qui abritait du soleil cette punaise de Cixi est maintenant envahie par la populace. Il faut grimper la colline de la Longévité millénaire pour trouver un peu de calme, et bénéficier d’un panorama magnifique sur Pékin épargné par la pollution.

En revenant vers le centre, je fais un crochet vers le site des Jeux de 2008. C’est un vrai choc de découvrir la grandeur de l’endroit : une esplanade immense, et ces bâtiments insensés que sont le Nid d’oiseau et le Cube d’eau, encore plus beaux lorsqu’ils s’éclairent à la nuit tombante, même si l’effet est un peu gâché par les haut-parleurs qui beuglent en boucle la scie olympique « One world, one dream ». Londres va avoir un peu de boulot après ça pour ne pas donner l’impression d’organiser les prochains Jeux dans une cuisine (et bon courage aussi à Milan pour 2015).

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Pékin, 29 octobre 2010

Choix simple pour cette première journée : la Cité Interdite. Bon, maintenant elle est autorisée, peut-être même un peu trop : des hordes de touristes (essentiellement domestiques) quadrillent le lieu. Les guides braillent dans leur sono portable en agitant un drapeau pour rameuter leurs ouailles, qu’ils ont marquées en les affublant de casquettes de la même couleur ou de bobs improbables. Heureusement, en arrivant tôt et en s’éloignant de l’itinéraire standard, on arrive à trouver un peu de calme pour apprécier la splendeur de l’endroit et se rêver en empereur Ming.

C’est un choc architectural d’un autre genre qui m’attend à la gare Sud où je vais en début d’après-midi acheter un billet. L’exercice n’est pas le happening prédit par les guides, mais j’ai quand même un peu de mal à me faire comprendre.

Je pars en suite vers le Temple du Ciel à pied (au motif que ça ne paraît pas loin sur le plan, grave erreur) pour un retour enchanteur dans le passé, avant de reprendre le métro vers mon hôtel, où c’est soirée « fruits de mer ». Je tente le coup : mauvaise idée. Des coquillages qui enverraient un chef français en taule direct, et ces curieuses langoustines pleines de piquants, pas mauvaises mais dont je ne voudrait pas connaître la distance génétique au cafard.

Pékin, 28 octobre 2010, 20h00

Avion bondé, service à bord désastreux (merci Air France et ses esthéticiennes niçoises défraîchies recyclées en hôtesses, même au prix China Eastern c’est du vol), mamies chinoises qui vous bourrent les flancs de coups de coude : zéro dodo sur le vol qui me conduit à Pékin, en survolant Novosibrisk et Oulan Bator (trop classe).

Mes premiers mots en chinois (‘bonjour’ et ‘merci’) sont un triomphe : le douanier semble comprendre, et même répond. Je parviens aussi à trouver mon chemin dans le métro malgré cette ridicule afféterie qu’ont les locaux à ne pas écrire en français.

Ce qui reste de la journée est consacré à marcher un peu au hasard. Première évidence : la ville est gigantesque, tout est loin, tout est grand. La place Tian’anmen, par exemple, on n’en voit pas le bout. Il faut dire qu’elle est très mal meublée, malgré ces écrans vidéo de 50 mètres de long et  cette petite bicoque très choupi qu’ils ont mis en plein milieu, avec tous ces sympathiques militaires (un mausolée à un certain Mao, paraît-t-il).

Dans la soirée, j’apprends à dire ‘bière’, et ça devient tout de suite plus intéressant.

Paris, 26 juillet, 21h00

J’ai loué un Vélib ce matin pour aller gare de Lyon, d’où j’étais parti, il y a comme un siècle, avec mon sac à dos déjà trop lourd. Maintenant je suis sûr d’avoir vraiment bouclé le tour.

Pour la première fois, j’habite à l’hôtel dans ma propre ville, et je ne sais pas où j’irai ensuite. Je repars quasiment de zéro, avec une nouvelle vie à construire, une expérience sans doute bien plus difficile que ce voyage maintenant terminé, mais qui n’intéresse que moi.

Ma seule conclusion tiendra en un message à vous tous : faites-le aussi, si vous pouvez, et si vous ne pouvez pas faites-le quand même. Vous ne le regretterez jamais. Pour ma part, je sais maintenant que quand je poserai vraiment les valises, c’est qu’il sera temps de me piquer.

Merci à tout ceux qui ont lu, encore plus à ceux qui ont écrit, et spécial merci à Julien pour l’itinéraire.

Godspeed.

Newark, 25 juillet, 17h00

J’ai dit au-revoir à New York sur les bateaux-mouches locaux, qui vous emmènent sur l’Hudson et l’East River via la statue de la Liberté (je l’avais oubliée, celle-là, et pourtant elle est vraiment imposante), en offrant de belles vues sur Manhattan, Brooklyn et la côte du Queens. Il fait une chaleur à crever, et c’est aussi bien d’être sur un bateau ; par contre, dès qu’on accoste, c’est la fournaise.

Je pars récupérer mes bagages avant de prendre le train pour l’aéroport, sans oublier, avant de m’enfoncer dans les sous-sols de Penn Station, de jurer aux immeubles de la septième avenue que je reviendrai.

New York, 24 juillet, 24h00

Gros morceau aujourd’hui : le Met et ses quelques deux millions d’œuvres. Le musée est situé dans un grand bâtiment sur le bord est de Central Park, et j’y suis peu après l’ouverture. J’attendais du lourd, je suis servi : les collections sont exceptionnelles. Les écoles hollandaise et française sont particulièrement bien représentées : Rembrandt, Hals, Vermeer, Rubens, Van Dyck, Fragonard, Boucher, Chardin, Ingres, Gérôme… Les salles d’art moderne et contemporain ne sont pas vilaines non plus, ni l’intéressante rétrospective Francis Bacon, mais le plus impressionnant reste la section consacrée à la peinture française du XIXème et aux impressionnistes : au vingtième Courbet, au trentième Monet, on finit presque par frôler l’indigestion.

D’ailleurs, au bout de cinq heures, je n’ai encore vu la moitié du musée mais je ne tiens plus debout : repli vers un pub irlandais sur Lexington Avenue pour un repos bien mérité. Il faudra que je revienne à New York pour voir la suite, mais je n’avais pas besoin de cette raison supplémentaire. Je ne fais pas grand chose de ce qui reste de la journée, que je termine sur Times Square, toujours un spectacle fascinant une fois la nuit tombée : ici, même l’enseigne du métro est faite d’ampoules clignotantes.

New York, 23 juillet, 24h00

J’ai pas mal traversé l’East River hier, pour aller visiter différents quartiers de Brooklyn, certains plutôt chics comme Brooklyn Heights ou Dumbo (c’est un acronyme), d’où on a des vues superbes sur Manhattan, et d’autres moins comme Williamsburg. J’ai fait une des traversées à pied, en prenant le magnifique pont de Brooklyn qui aboutit vers l’hôtel de ville dans Lower Manhattan.

Dans l’après-midi, il s’est mis à pleuvoir, et je me suis réfugié au New Museum of Contemporary Art, qui est une escroquerie pure et simple : 12 $ pour trois photos ratées et deux dessins moches. Du coup, je suis reparti illico vers Tribeca pour trouver un bistrot.